Histoire
 
 
 
Les origines
 
Il y a cent ans, au cours de l’année 1892, l’ancienne forge de la rue Edouard Stuckens à Evere entra pour de bon dans l’histoire du tir à l’arc. Quatre solides gaillards de l’époque, J-B. Smets, P. De Man, B. Geeraerts et J.B. Van Thilt y fondèrent un tir au berceau, ce fut la naissance du "Gouden Pijl".

Le début de l’histoire de ce dynamique club de tir à l’arc commence à Evere quelques années auparavant. Déjà en 1873, le numéro 45 de la rue Stuckens - propriété de la famille Smets - était connu pour sa forge mais également pour son café et pour son jeu de boules, quoi de plus banal pour l’époque. La forge par la force des choses est tombée en désuétude et a disparu. Le café a vaillamment résisté au temps et aux changements, et même après la création du Gouden Pijl, il a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’au jour où il ne fut plus fréquenté que par des tireurs, étant devenu leur club exclusif, propriété de la commune.

La salle qui se situe derrière le café a, quant à elle, connu des changements successifs.

A l’origine d’une magnifique serre en fer forgé et recouverte de verre, elle fut aménagée en jeu de boule garni tout au long de ses parois de ceps de vigne. Pour la pratique du tir à l’arc, une cible fut installée à chaque extrémité de la salle. Cette implantation est particulière à la pratique (connue dans le jargon des archers) du "tir au berceau".

En venant du café, on trouvait à droite un étroit couloir sur toute la longueur de la salle (serre) séparée de celle -ci par un lattage en bois. Ce couloir permettait aux tireurs qui avaient été rechercher les flèches dans la cible de revenir sans danger vers l’autre bout de la salle sans interrompre le tir.

Chaque tireur, les plus jeunes plus souvent qu’à leur tour, était préposé à la récupération des flèches; il était le "trekker" de service. Cette coutume est toujours pratiquée lors des tirs du Roi.
 
Le tir à l’arc, ses blasons - Le club, son ambiance

Que signifie un club de tir à l’arc à la fin du 19ème siècle? Que s’y passe-t-il ? Plongeons-nous dans le passé pour le découvrir ensemble. Le samedi soir était synonyme de tir de championnat, occupation des plus sérieuses dans la pratique d’un sport. La cible était un petit blason blanc, en forme de carré, avec un centre noir et 6 cercles concentriques. Ce petit blason est apposé sur une botte de paille pressée à la main qui se situe au fond de la salle de tir. Chaque tireur tirait successivement une flèche, 10 au total pour déterminer le champion.

Au début du 20ème siècle, on modifia le blason en donnant une couleur aux 2 cercles concentriques extérieurs (les points 5 et 6).

Au début des années 50 fut créé le blason encore toujours employé à ce jour avec ses 10 anneaux concentriques or, rouge, bleu, noir et blanc.

Le tir de championnat se concentrait donc sur un blason; le tir au "Berceau "qui se pratiquait le dimanche matin faisait, quant à lui, usage de 2 blasons. Ces blasons étaient surnommés "de Pinne" parce que fixés au centre par un clou de fer forgé. Sa forme était celle d’un carré de 30 cm de côté, de couleur blanche avec un centre noir. Le tir se pratiquait avec une flèche et en équipe. Le tir en équipe garantissait une bonne ambiance alimentée par les tournées que les perdants devaient offrir aux gagnants.

Le dimanche après-midi, et surtout le lundi soir était réservé au tir aux oiseaux. Ce tir était une occupation de détente par excellence. il se pratiquait sur un groupe de 13 oiseaux disposés dans une configuration bien particulière. Les oiseaux étaient constitués d’un corps de liège agrémenté de petites ailes de papier blanc. Plus tard le liège fut remplacé par du caoutchouc qui fut lui-même remplacé dans les temps de pénurie par des morceaux de pneus. En prélude au tir, chaque participant devait mettre une mise, cette mise était redistribuée en fin de soirée à l’équipe ou au clan qui avait fait le meilleur résultat.

Parmi tous les témoignages que nous avons pu rassembler de nos membres qui vécurent cette époque, on retrouve une constante: le lundi soir était soir de fête; joie et plaisir étaient toujours de la partie. De nos jours, le tir à l’arc, sport olympique à part entière, est pratiqué avec tout le sérieux que cela requiert.

La pratique du tir aux oiseaux, occupation folklorique par excellence est tombé quelque peu en désuétude; qu’à cela ne tienne, au Gouden Pijl la tradition est maintenue le premier lundi de chaque mois.

Les dimanches après- midi où les tireurs étaient nombreux ou après le traditionnel et annuel tir du Roi ou plus spécialement encore à l’occasion de la kermesse de Bruxelles avait lieu le tir sur "le blason de Bruxelles": ce tir qui avait ses règles propres, d’une arithmétique féroce, requérait également une mise préliminaire de la part des tireurs. Le blason se présentant comme une combinaison de forme multicolore était fabriqué de façon artisanale avec de la toile de jute peinte tendue sur un support de fil de fer. Par le fait de sa construction artisanale, son usage se fait de plus en plus rare au fil des ans, la raison majeure étant le prix de fabrication de plus en plus prohibitif.

Mais jusque dans les années 50, le tir qui avait lieu lors de la kermesse de Bruxelles réunissait les tireurs de toutes les régions du pays. Les tireurs Bruxellois allaient eux aussi défendre leur chance lors des kermesses de Tirlemont, Louvain ou Anvers, en se mesurant sur les blasons locaux.

Que de kermesses, de folklore et de magnifiques journées dont le souvenir fait encore briller les yeux de nos anciens!
 
 
Parlons d’arc et de distances

La distance de tir pour les tirs au berceau ou les autres tirs que nous venons d’évoquer était de 28 mètres. Jusqu’à l’aube des années 50 le tir se pratiquait avec des arcs en bois d’un seul tenant, bien qu’avant la 2ème guerre, les arcs en acier avaient déjà fait leur apparition: ses arcs se séparaient généralement en 2 parties plus ou moins égales.

A la fin des années 50 nous est venue d’Amérique une révolution dans la fabrication des arcs modernes destinés à la pratique du sport, il s’agit de l’arc "recurve": ces arcs sont faits de bois et de fibre de verre et ont des branches précontraintes. La forme est toujours d’actualité de nos jours, la technologie s’est améliorée.

L’arc est aujourd’hui démontable en 3 parties, 2 branches et une poignée centrale; sa puissance est réglable et il est fabriqué avec des techniques de pointe telles que le carbone, des alliages métalliques spéciaux ou la céramique. Le dernier né est l’arc à poulies qui permet de démultiplier la puissance développée par le tireur, et de ce fait donne un tir puissant et précis pour une dépense d’énergie minimale.
 
De modeste à mieux

 
 
La croissance des locaux qui sont le berceau de Gouden Pijl commence en 1924. Cette année-là se construisit à l’actuel n°49 de la rue Stuckens une nouvelle maison. La ruelle qui précédemment longeait les bâtiments abritant le Gouden Pijl et qui assurait le passage entre la rue Van Hamme et la rue Stuckens disparut. La partie en front de rue fut occupée par la nouvelle maison, la partie arrière longeant la salle de tir devint partie intégrante de celle- ci, ce qui permit l’installation d’une cible supplémentaire.


En 1928 se créa, dans les mêmes locaux, un club de tir à l’arc sur perche couchée, dénommé "Les Indépendants". Certains tireurs de l’époque étaient membres des 2 associations de tir. Le tir sur perche couchée avait comme cible des petits oiseaux de bois agrémentés de plumes. Le Club "Les Indépendants" s’est maintenu jusqu’après la guerre où faute de membres il disparut. Le Tir au Berceau en aller/retour sur 2 cibles fut pratiqué jusqu’au début des années 50, mais peu à peu l’actuel tir à 18 et 25 mètres s’est imposé.
 
Multiplication des distances et mise au vert
Le début des années ‘70 allait marquer un changement de taille pour les tireurs du Gouden Pijl.

Cantonnés jusque-là au tir à 25 mètres, ils allaient pouvoir s’épanouir dans la nature et sur de longues distances. L’année 1972 fût la concrétisation de leurs rêves: une ancienne pépinière désaffectée allait rejoindre les terrains de sport communaux pour devenir un terrain d’entraînement pour tirer à des distances de 30,5 0,70 et 90 mètres
 
De mieux à grand
Au début des années 80, toute la salle de tir fut transformée, le couloir de côté fut supprimé, le sol qui jusqu’à cette époque était fait de terre battue reçu sa chape de béton, un nouveau toit fut construit pour recouvrir le tout sur une distance réduite néanmoins de 5 mètres. Qui garde encore le souvenir de la serre ?
 
Toujours mieux
L’année passée à l’aube d’une nouvelle décennie, le Conseil Communal d’Evere a pris la décision de renouveler les numéros 45 à 49 de la rue Edouard Stuckens. Cette décision fut prise dans le cadre des plans de rénovation urbaine qui sont exécutés actuellement par la Commune. Les locaux du Gouden Pijl seront eux aussi rénovés pour se retrouver englobés dans un ensemble de logements modernes que vont être construits à l’étage des numéros 45 à 49. La salle de tir se verra élargie et ses installations seront modernisées au rez-de-chaussée.
 
La vie du club, son présent et son avenir

Qu’en est -il de la vie du club de nos jours? Les lundi, jeudi et samedi sont les jours d’entraînement au tir à 25 mètres.

D’octobre à mars a lieu la saison de compétition à l’intérieur: des tournois et des championnats ont lieu au niveau local, provincial, de ligue et au niveau national.

En été (d’avril à septembre) la compétition se déplace vers l’extérieur sur les longues distances. Au Gouden Pijl, le premier lundi du mois est réservé au folklore et à la tradition du tir aux oiseaux.

Depuis quelques années, le mardi soir est consacré à l’accueil des nouveaux membres à leur initiation aux techniques de base ainsi qu’au réglage du matériel de tous les tireurs.
 
100 ans d’Histoire, 100 ans de Victoire !
1920

Pierre Van Thilt est sélectionné dans l’équipe belge pour participer à l’épreuve du tir au berceau. C’était en 1920 à Anvers. L’équipe rapporta à la Belgique deux médailles d’Or (33m - 50m) et une médaille d’Argent (28m)

1932

Julien Reith participe au Championnat du Monde à Varsovie: il en est le grand vainqueur.

1955

Bertha Smets, qui fait partie de notre club depuis 1946, devient Championne de Belgique. En 1992, à 81 ans, Bertha tirait toujours!

1967

Fernand Spreutels est proclamé Empereur. Cette merveilleuse distinction revient à celui qui, trois années d’affilée, tire le "Roi". C’est ce qui lui arriva en 1965, 1966 et 1967. A l’époque, la Belgique comptait sept Empereurs, dont deux à Bruxelles.

1991-1992

Emile Morias (catégorie vétérans) et Jean Marie Depoorter (catégorie seniors) sont tous deux Champions du Brabant, compétition Indoor.

1972 1989 1990 1991

Ces années furent autant d’occasions de joie puisque le club a gagné le tournoi d’hiver de Bruxelles. Pour 1992, nous espérons aussi être les premiers.

Aujourd’hui, notre club compte un grand nombre de tireurs de première catégorie (plus de 1.100 points), des maîtres tireurs en salle (moyenne 9,3 sur 60 flèches) et en extérieur (moyenne 9 sur 72 flèches).
 
Le club aux deux faucons

En 1928, dans l'arrêté royal qui a reconnu les armoiries d'Evere, c'est le sceau de la famille Walckiers qui apparaît. Ange Adrien Walckiers était le dernier seigneur d'Evere, qui a dominé la région de 1772 à 1795. C'est toujours ce sceau qui se trouve sur les armoiries actuelles de la commune.
Ce blason montre deux faucons se faisant face, perchés sur des rochers. A gauche, le fond est de couleur or. Les rochers et l'étoile sont de couleur rouge tandis qu'à droite, c'est juste le contraire. Le fond est rouge tandis que les rochers et l'étoile sont de couleur or. Ces couleurs sont apparues avec les parchemins, mais au XIIIe siècle, le sceau était gravé dans de la cire. Aujourd'hui, les couleurs or et rouge sont celles de la famille Walckiers, explique Jérôme Phillipon, et qui sont, par conséquent, les couleurs de la commune d'Evere. C'est ce sceau que l'on retrouve dans les armoiries du club.
 
Nos Reines, nos Rois

1939 De Vuyst Pierre
1940 Verbelen Frans
1946 Vanden Borre G.
1947 Palmaerts L.
1948 Alewaeters Dom.
1949 Vander Vorst Fr.
1950 Palmaerts René
1951 Alewaeters Frans
1952 De WulfFrans
1953 De Lomhaert Henri
1954 Van Thilt Pierre
1955 Spreutels Fernand
1956 Van Thilt Pierre
1957 Palmaerts Laurent
1958 Meeus Georges
1959 Pallemaerts Ernest
1960 De Lombaert Hemi
1961 Decoster Ernest
1962 Reith Julien
1963 Palmaerts Laurent
1964 De Munck Jules
1965 Spreutels Fernand
1966 Spreutels Fernand
1967 Spreutels Fernand (Empereur)
1967 Smeets Bertha
1968 Spreutels Germaine
1969 Decoster Ernest
1970 Van Doorslaer Henri
1971 Decoster Emest
1972 Pieters George
1973 Cleynen Roger
1974 Dubois Leopold
1975 Spreutels Fernand
1976 Dubois Léopold
1977 Van Doorslaer Henri
1978 Spreutels Femand
1979 Lacoste Henri
1980 Jacobs Gilbert
1981 Hermans Raymond
1982 Michiels Denis
1983 Dubois L.éopold
1984 Van Doorslaer Henri
1985 Ruttens Joseph
1986 Fraiture Patrick
1987 Cariat Jacques
1988 De Roo René
1989 Cariat Jacques
1990 Spreutels Fernand (Roi des Rois Dockx Ronny)
1991 Lacaeyse Constant
1992 Van Steenkiste Rita
1993 Cariat Jacques
1994 Clynhens Monique
1995 Rousseau (Bip) Daniel
1996 Clynhens Monique


A partir de 1997, les tireurs compound peuvent devenir "Duc" sur le principe du tir du Roi


Rois, Ducs

1997 Dockx Ronny Piscart Francis
1998 Dockx Ronny (Roi des Rois Dockx Ronny) Barbe Jean-Pierre
1999 Philippon Eric (Roi des Rois Dockx Ronny) Meire Michel
2000 Meunier Marc (+ Roi des Rois) Devolder Jean-Pierre (+Duc des Ducs)
2001 Chaltin Michel Devolder Jean-Pierre
2002 Patris Cedric Piscart Francis (+Duc des Ducs)
2003 Vander Meersch (Piemel) Claude Moons Paul (+Piscart Francis Duc des Ducs)
2004 Dockx Ronny (Roi des Rois Dockx Ronny) Van Velthem Jacqueline (+Duc des Ducs)
2005 Chaltin Michel Provost Jean (Roi des Rois Dockx Ronny)
2006 Deguide Jean-Loup Durant Bernard (Empereur de Bruxelles Dockx Ronny)

Le tir folklorique du Roi se passe le samedi précédant le deuxième dimanche de janvier (en souvenir des rois mages). Il s’agit de faire éclater le pétard qui se trouve dans une busette d’environ 1 cm de diamètre. La cible est un dessin humoristique représentant la Reine ou le Roi de l’année précédente (une véritable galerie de portraits se constitue ainsi dans chaque club).

L’archer qui réussit à faire éclater le pétard succède au roi sortant.

 

 
Ces dates qui font la vie d’un club

Juin 1892 Création d’un club de tir à l’arc au 45, rue Stuckens par P. Deman, G. Geeraerts, J-B Van Thilt et J-B Smets.

1925 Création de la Fédération Belge de Tir à l’Arc

GPE gagne la coupe du Prince Léopold

1950 à la mort du Président Vandenborre, sa veuve brûle toutes les archives du club!.., heureusement pas toutes les photos!

1958 GPE remporte le Grand Prix de la ville de Bruxelles

Depuis 1959 Organisation par le GPE de son Grand Prix: 25 mètres outdoor

Depuis 1960 Siège de l’ U.R.S.T.A.B.

Siège de la Province du Brabant

1960 Organisation par le GPE du Congrès de la Fédération Nationale

1967 75 ans! et un Empereur !

75 ans! et le club a sa 1ère Reine: Bertha

1969 le club prend le statut d’A.S.B.L.

1972 la commune met à la disposition du club un terrain extérieur aux dimensions FITA

1974 Organisation par le GPE de la compétition Belgique - Hollande

1980 Visite des tireurs américains de East Stroudsburg States College of Pennsylvania

1981 Voyage de nos tireurs et de leur famille en Amérique

Depuis 1981 Organisation annuelle d’un tir Fita et 25 mètres outdoor au parc Saint-Vincent

1992 100 ANS! organisation du Championnat de Belgique Outdoor.

2004 Organisation d'un 70 mètres OR avec participation des équipes de Turquie, Espagne, Slovaquie, Roumanie et Moldavie.
 
Merci de nous avoir lu jusqu’au bout. Si vous avez envie de venir essayer (et qui sait rester...), n’hésitez pas à pousser la porte de notre club:


Tous les lundi, mardi, jeudi et samedi à partir de 19H00
Vous y serez les bienvenus
GOUDEN PIJL EVERE
Rue Stuckens,45 à 1140 Evere



Société royale de tir à l’arc,
Membre de la Ligue Francophone Belge de Tir à l’Arc,
Membre de l’Union royale des sociétés de tir à l’arc de Bruxelles (U.R.S.T.A.B.)

Présidée au fil des années par:
J.P. Meulemans (1900-1928)
G. Blondieau (1929-1930)
G. Vandenborre (1931-1950)
H. Delombaert (1951-1954)
R. Nackaerts (1955-1957)
F. Spreutels (1958-1989)
A. Arlepain (1990-2002)
R. Dockx (2003-    ) ronny.dockx@skynet.be