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Le tir à
l’arc, ses blasons - Le club, son ambiance
Que signifie un club de tir à l’arc à la fin du 19ème siècle? Que
s’y passe-t-il ? Plongeons-nous dans le passé pour le découvrir
ensemble. Le samedi soir était synonyme de tir de championnat,
occupation des plus sérieuses dans la pratique d’un sport. La cible
était un petit blason blanc, en forme de carré, avec un centre noir
et 6 cercles concentriques. Ce petit blason est apposé sur une botte
de paille pressée à la main qui se situe au fond de la salle de tir.
Chaque tireur tirait successivement une flèche, 10 au total pour
déterminer le champion.
Au début du 20ème siècle, on modifia le blason en donnant une
couleur aux 2 cercles concentriques extérieurs (les points 5 et 6).
Au début des années 50 fut créé le blason encore toujours employé à
ce jour avec ses 10 anneaux concentriques or, rouge, bleu, noir et
blanc.
Le tir de championnat se concentrait donc sur un blason; le tir au
"Berceau "qui se pratiquait le dimanche matin faisait, quant à lui,
usage de 2 blasons. Ces blasons étaient surnommés "de Pinne" parce
que fixés au centre par un clou de fer forgé. Sa forme était celle
d’un carré de 30 cm de côté, de couleur blanche avec un centre noir.
Le tir se pratiquait avec une flèche et en équipe. Le tir en équipe
garantissait une bonne ambiance alimentée par les tournées que les
perdants devaient offrir aux gagnants.
Le dimanche après-midi, et surtout le lundi soir était réservé au
tir aux oiseaux. Ce tir était une occupation de détente par
excellence. il se pratiquait sur un groupe de 13 oiseaux disposés
dans une configuration bien particulière. Les oiseaux étaient
constitués d’un corps de liège agrémenté de petites ailes de papier
blanc. Plus tard le liège fut remplacé par du caoutchouc qui fut
lui-même remplacé dans les temps de pénurie par des morceaux de
pneus. En prélude au tir, chaque participant devait mettre une mise,
cette mise était redistribuée en fin de soirée à l’équipe ou au clan
qui avait fait le meilleur résultat.
Parmi tous les témoignages que nous avons pu rassembler de nos
membres qui vécurent cette époque, on retrouve une constante: le
lundi soir était soir de fête; joie et plaisir étaient toujours de
la partie. De nos jours, le tir à l’arc, sport olympique à part
entière, est pratiqué avec tout le sérieux que cela requiert.
La pratique du tir aux oiseaux, occupation folklorique par
excellence est tombé quelque peu en désuétude; qu’à cela ne tienne,
au Gouden Pijl la tradition est maintenue le premier lundi de chaque
mois.
Les dimanches après- midi où les tireurs étaient nombreux ou après
le traditionnel et annuel tir du Roi ou plus spécialement encore à
l’occasion de la kermesse de Bruxelles avait lieu le tir sur "le
blason de Bruxelles": ce tir qui avait ses règles propres, d’une
arithmétique féroce, requérait également une mise préliminaire de la
part des tireurs. Le blason se présentant comme une combinaison de
forme multicolore était fabriqué de façon artisanale avec de la
toile de jute peinte tendue sur un support de fil de fer. Par le
fait de sa construction artisanale, son usage se fait de plus en
plus rare au fil des ans, la raison majeure étant le prix de
fabrication de plus en plus prohibitif.
Mais jusque dans les années 50, le tir qui avait lieu lors de la
kermesse de Bruxelles réunissait les tireurs de toutes les régions
du pays. Les tireurs Bruxellois allaient eux aussi défendre leur
chance lors des kermesses de Tirlemont, Louvain ou Anvers, en se
mesurant sur les blasons locaux.
Que de kermesses, de folklore et de magnifiques journées dont le
souvenir fait encore briller les yeux de nos anciens!
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